Le cheval est un partenaire joyeux et l'humour peut faire partie de la relation...

Ma chère Hippolyte,

Quelle ne fut pas ma surprise quand Don  Juan, le comte de Foste m'apprit qu'il avait suite à une petite annonce, acheté de Flandre pour une croûte de pain un pur sang arabe dans un haras espagnol pour compenser la perte de ce malheureux cheval de selle français qu'il chevauchait précédemment.
Je trouvai son argumentation plutôt verbeuse et pesante.

 La reconquista est terminée depuis longtemps et pourquoi donc Jan Bark, son marchand doit il refouler nos percherons au-delà des Pyrénées, je ne sais, l'ais-je une fois de plus mal compris?.
"Ma in Espagna il mit les traits" chantonnait Don Juan 
(Don Giovani de W.A. Mozart, l'air du catalogue de Don Juan 
"Ma in Espagna 1003. y 1003, Il mit les traits")

 Mais Physto (son précédant cheval) lui demandais-je n'était ce surtout pas un excellent compagnon, pourquoi le rabaisser au simple rôle de monture, n'était il pas le compagnon de toutes les escapades, des rendez vous?
En outre n'avons nous pas chez nous de nombreux chevaux qui ne demandent qu'à être montés qui n'attendent qu'un propriétaire et dont la destinée s'achemine faute d'autres issues vers l'équarrisseur.
 

Je sais bien qu'il a mille raisons plus valables les unes que les autres en faveur des maquignons mais je persiste à croire qu'il est indigne qu'un cheval puisse être malheureux, il se doit d'être entouré de soins.

 Aussi quelle ne fut pas ma surprise devant la splendide cavale que Juan, le comte de Foste ramena comme trophée de sa campagne espagnole.

Alors que je me proposais à l'inviter pour une promenade, ayant visité la ferme hier me dit-il, me prétextant l'une ou affaire urgente il m'entraîna d'un bon pas vers l'entrée d'apparat où je tombai tout d'abord sous le charme de ce nouveau cheval.   S'il ne me dit rien sur ses aptitudes, par contre mon ami se répandit en propos élogieux sur sa nouvelle acquisition.   Me restent en mémoire une ascendance qu'il détailla jusqu'à la genèse de l'élevage, une robe splendide aux multiples reflets, un port de tête royal, une finesse d'attaches....

Malheureusement elle devra rester ainsi à l'attache m'apprit le palefrenier, Monsieur le comte ne peut la monter elle boîte, mais Monsieur insiste pour que chacun puisse l'admirer et sur le ton de la confidence -voulez vous croire qu'il a demandé à Jan Bark de chercher pour lui un cheval chez un particulier quelconque sans mentionner son nom pour sortir de la gêne financière momentanée où il se trouve à la suite de cette campagne espagnole.

Vanité quand tu nous tiens, heureusement Don Juan préfère les galops et charges de danse au salon au confort relatif mais combien plus reposants de nos gîtes et relais dans la simplicité et la connivence des vrais amis des chevaux.

N'êtes vous pas de mon avis chère Hippolyte.

votre Candide

Post scriptum, vous auriez certainement apprécié le pittoresque Jan Bark vantant un cheval quelconque au comte de Foste
 

Francité
 
 













 le billet laconique de Franz Von Suppé Commandant des cavaliers légers de Roddenbach dernier de ligne

 
 
 
 
Herr Candide, 

Vôtre ami, 

Il ne sait vraiment rien aux bons chevaux. 

Pas intérêts à sa jument, car voyez vous des faux.

Franz Von Suppe


 
 
 
 
 
Autres interrogations sous-jacentes :
Que sont pur sangs, demi sangs, selles, et autres distinguos subtils?
Quel est le rapport avec des races ou variétés, et types régionaux
ex : un cheval arabe peut il être originaire d'argentine ou des îles Feroëées?

 Quid des modifications de nom
ex les traits brabançons ex chevaux flamands qui deviennent des Belgians au pays de l'oncle Sam.

 Quelles garanties lors de l'achat?
(vous achetez un hongre pour la reproduction: dans les 30j, satisfait ou remboursé !)

 Un label d'origine est il garant d'un choix approprié à ses besoins?
Où et comment acheter sans risques?
A quel prix? et quel coût d'entretien??
 
 
 


 

 
 Mon cher Candide,

Bien que je partage grandement votre avis, je suis tenté de dire :
"A chacun son cheval, à chacun sa joie".
Si le monde équestre ne comptait que des randonneurs, quand aurions nous l’occasion d’admirer les dansantes prouesses des fines écuyères et les pirouettes des nobles chevaux de sang ?
En fait, il me semble qu’au sujet des autres races d’équidés, une certaine confusion règne dans votre esprit.

 Tout d’abord, il convient de distinguer 2 "types de chevaux ":
les chevaux à sang froid et les chevaux à sang chaud.

Le sang chaud et le sang froid ne font pas référence à une différence de température.
Cette expression donne simplement une indication sur le type de cheval:
- conformation massive et tempérament paisible chez les "sang froid";
- morphologie plus fine et tempérament nerveux pour les "sang chaud".

 Le terme "pur-sang" désigne un cheval de race pure, à grand influx nerveux:
- pur-sang arabe (le plus pur);
- pur-sang anglais;
- anglo-arabe (appelé aussi pur-sang français);
- barbe, etc.

 Utilisée seule, l’expression "pur-sang" désigne le plus souvent un pur-sang anglais.
Quant à l’arabe, sil est considéré comme le plus pur de tous, c'est que son origine est lointaine au point d’exister comme tel à l’état sauvage par sélection naturelle, les bédouins ayant opéré par la suite une sélection au sein d’une race déjà existante.

Le terme demi-sang désigne un cheval dont l’un des deux géniteurs est un pur-sang.
Le poulain né es oeuvres de deux demi-sang n’est pas un demi-sang mais simplement "un cheval à sang chaud", à moins qu’un tel croisement soit le départ d’une nouvelle race, car apprécié pour ses qualités propres; qu’elles soient d’ordre esthétique, pratique, ou physiologique, comme ce fut le cas pour la plupart des races comme l’Andalou, le Lusitanien, le Quarter horse, etc.

En Belgique, le demi-sang fait l’objet d’un élevage spécifique, deux sociétés veillent à son élevage le BWP et le sBs ex Société du Cheval d'Armes devenue Societé Royale du Cheval de Sport Belge. En France aussi, mais l'élevage de demi-sang se développe on appelle "Cheval de selle français" ou plus simplement "Selle français".

 Une fois "créée", la race s’entretient, voire s’améliore au fil des décennies, grâce à une sélection interne judicieuse ; mais si l’on n’y prend garde, elle peut aussi dégénérer.

Certaines races essaiment de par le monde, d’autres se maintiennent dans leur berceau d’origine. Dans les deux cas, il peut arriver qu’un haras privilégie un type particulier au sein d’une même race. C’est ainsi que les arabes se perpétuent selon trois variétés: Kehailan, Seglevi & Muniqi. Quoi qu’il en soit, c’est la race des parents et non le lieu de naissance qui authentifie la race d’un cheval.   Un pur arabe peut donc naître au Etats-Unis et un Lipizzan en Australie, sans que cela n’altère leur lignée.   Dans certains cas la lignée pure ne s'est conservée intacte qu'en dehors des limites de l'appelation d'origine (au contraire des vignobles donc) (cas du cheval flamand par exemple devenu le Belgian au pays de l'oncle Sam)

 Par contre, il arrive que certains éleveurs soient de fervents ennemis de la délocalisation:
ils veillent jalousement sur leur patrimoine et font tout pour éviter de le voir fuir à l’étranger ou s'il est sorti des frontières l'empêcher de rentrer au berceau d'origine risquant de corrompre une pureté de la race.... et ils y parviennent!  Certains même préserve leur capital génétique en n'autorisant la sortie de chevaux ne répondant pas entièrement au standards de la lignée.

C’est particulièrement vrai chez les Espagnols ou les Islandais qui ne vendent jamais leurs plus beaux spécimens aux étrangers envieux.C’est probablement ce qui est arrivé à votre malheureux ami, le comte de Foste...

 Il aurait pu éviter ce douloureux écueil en se faisant conseiller davantage, notamment par une visite vétérinaire avant l’achat et par un contrat écrit avec clause d’essai (vous achetez un hongre pour la reproduction : dans les 30 jours, satisfait ou remboursé), mais la portée de celle-ci pouvant être réduite.
Si vous respectez ces deux consignes, le lieu de l’achat importe peu : les risques seront de toute façon amoindris. Mais avant cela, il convient de choisir la race en fonction de vos besoins.
En cela, le "pure race espagnole" n’est peut-être pas le meilleur choix pour la randonnée... Outre son prix (minimum +/-300.000 BEF) le rendant peu "sortable" dans la circulation, ses aptitudes y seraient quelque peu "gaspillées". Son entretien, par contre, est rigoureusement identique à celui d’un simple cheval d’origine inconnue.
 

 Votre Hippolyte


 

Je vous conseille aussi
sur le site IPO3API les liens  
http://www.hippotherapy.be
Le Cheval : votre partenaire



 
 

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